3 Questions 3 Réponses : Antoine Compagnon

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Ecrivain et professeur au Collège de France, Antoine Compagnon est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à Baudelaire.

- Vous publiez « Un été avec Baudelaire » (éditions des Equateurs), que savons-nous sur l’origine de son nom ?

Baudelaire c’est une arme blanche à double tranchant, on trouve la même étymologie dans le mot baudrier.

- Le poème de Baudelaire qui vous est le plus cher ?

Le deuxième Spleen, je me souviens de l’avoir lu et étudié en classe de 1ère au lycée. Je l’aime pour ses comparaisons, le choc de la mémoire.

« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.
Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché (…) »

- Sur les derniers mois de la vie de Baudelaire en Belgique, que devons-nous retenir ?

Sa souffrance. L’amertume à l’égard des Belges est le symptôme du terrible malheur de ses deux dernières années.

publié le 01/06/2015

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