3 Questions 3 Réponses : Claude Michel

Né en Belgique et ingénieur diplômé de l’École Centrale de Lille, Claude MICHEL a fait toute sa carrière professionnelle dans le privé. En prenant sur son temps libre, il a pu poursuivre une carrière militaire comme officier de réserve dans les Troupes de Marine. Il est aujourd’hui Délégué Général du Souvenir Français pour la Belgique.

1. Pouvez-vous nous parler du Souvenir Français ?

Association nationale, née en 1872 en Alsace-Lorraine occupées, reconnue d’utilité publique depuis 1906, le SOUVENIR FRANÇAIS compte 200.000 adhérents et affiliés, femmes et hommes de tous âges et de toutes origines professionnelles ou sociales. Elle est présente dans tous les départements de France Métropolitaine et d’Outre-Mer, et dans 68 pays étrangers.

Le Souvenir Français a pour mission :

- de conserver la mémoire de ceux et celles qui sont morts pour la France, ou qui l’ont honorée par de belles actions, en participant aux commémorations qui leur rendent hommage, et en s’assurant que leurs tombes ainsi que les monuments élevés à leur gloire sont bien entretenus.

- de transmettre le flambeau de la mémoire combattante aux jeunes générations successives en leur inculquant, par le maintien du souvenir, le sens du devoir, l’amour du pays et le respect de ses valeurs.

La Délégation Générale du Souvenir Français pour la Belgique, que j’anime, est l’une des 68 délégations du Souvenir Français, présentes à l’étranger.

2. Quels sont les lieux de mémoire de la Première Guerre Mondiale ?

Plus de 33.000 soldats français, tombés sur le sol belge au cours de la Première Guerre Mondiale, reposent dans 112 nécropoles, carrés militaires et cimetières communaux de Belgique. Chacun de ces cimetières est un lieux de mémoire et nombreux sont les monuments et les stèles qui rappellent les actes héroïques de l’armée française. Malgré les regroupements des tombes et les rapatriements, ces lieux forment une longue cicatrice de la frontière avec le Grand-Duché jusqu’à la Mer du Nord : les villages martyrs de la Gaume, de la province du Luxembourg, de la province de Namur où eut lieu la Bataille des Frontières, les combats du Val de Sambre (bataille de Charleroi), puis la Course à la Mer, de l’Escaut à l’Yser, et enfin la Bataille des Flandres et de l’Yser sont autant de lieux de la mémoire que les Belges et les familles venues de France honorent chaque année.

3. Pourquoi ces commémorations sont-elles si importantes ici en Belgique ?

Comme le Nord et l’Est de la France, la Belgique connut les souffrances de la guerre sur son territoire. Elle fut envahie le 4 août 1914. L’armée française se porta immédiatement à son secours : déjà le 7 août un premier soldat français, le dragon Henri Debald, tombait à Houffalize. Partout, en Flandre comme en Wallonie, l’arrivée des troupes françaises fut accueillie avec enthousiasme par la population. Mais celle-ci paya chèrement ses sentiments francophiles : accusés d’abriter des franc-tireurs, de nombreuses villes et villages furent incendiés et les civils massacrés ou déportés. Le Westhoek, la seule parcelle du pays restée libre, fut bombardé pendant quatre années et ses villes rasées (Ypres, Dixmude, Nieuport). Le reste du pays connut les misères d’une occupation très dure.

Cent ans après, le souvenir de ces événements, de ces souffrances, reste encore très vivant dans les esprits. C’est l’histoire de leur pays, de leur village, de leur famille, et la France y est généralement associée.

JPEG

publié le 26/11/2014

haut de la page