3 Questions 3 Réponses : Jacques de Baenst

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Jacques de Baenst est le nouveau Président de l’Alliance française de Bruxelles-Europe (AFBE)

- Vous êtes depuis janvier président de l’Alliance française, vous avez derrière vous une carrière diplomatique suivie de douze ans à la Commission européenne. Y a-t-il une continuité dans ces étapes ?

Très jeune j’ai exprimé la volonté de devenir diplomate car je voulais « voir le monde » et entrer en contact avec des personnes venant d’autres coins de la planète. J’étais - et je suis toujours - curieux de découvrir d’autres cultures, d’autres passés, des modes de vie différents tout en étant très attaché à ma culture et à la langue française.

Les diplomates belges étant peu nombreux, ils sont par nécessité polyvalents et ont très vite d’importants dossiers à traiter, ce qui rend le métier d’autant plus intéressant et varié. Après des fonctions diplomatiques en Europe, en Afrique et en Amérique, je suis devenu ambassadeur-chef du protocole du Ministère avant d’être nommé à la même fonction à la Commission européenne. C’est un poste passionnant car il vous met en contact avec le monde entier. Il y a très peu de chefs d’Etat ou de gouvernement que je n’ai pas accueillis ou rencontrés lors de visites ou de conférences au cours de mes seize années comme chef du Protocole. Ces années à Bruxelles m’ont aussi mis en contact avec de nombreuses organisations ou institutions internationales dont bien évidemment l’Alliance française.

- Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter de rejoindre l’Alliance française ?

Dans mes postes diplomatiques ce sont les centres culturels ou instituts français que je fréquentais en raison de leurs activités, toujours de qualité. Je connaissais bien évidemment l’Alliance et sa présence à travers le monde mais, d’expression et d’éducation française, je n’avais toutefois jamais éprouvé le besoin de me rapprocher de cette institution. Polyglotte mais fier de ma langue et de ma culture, je pense que les Alliances françaises jouent un rôle important au côté des ambassades et centres culturels en encourageant et en facilitant l’apprentissage du français et de sa culture. C’est pour cette raison que je n’ai guère hésité à accepter la proposition de feu le Comte de Launoit qui fut durant tant d’année la figure de proue de l’Alliance de Bruxelles puis également de la Fondation mondiale des Alliances, lorsqu’il m’a demandé de rejoindre le Conseil de l’Alliance de Bruxelles il y a une douzaine d’années.

- L’Alliance française de Bruxelles a-t-elle une spécificité propre ?

Absolument et d’ailleurs son nom complet est « Alliance française de Bruxelles-Europe ». Son programme est en partie exprimé dans ce nom. En effet dans une ville en grande partie francophone, des cours de français ne sont pas indispensables. Toutefois Bruxelles n’est plus une ville dont 90% de la population parle le français ; elle est devenue une ville cosmopolite où le français n’est la langue maternelle que de la moitié des habitants. L’enseignement du français dans des instituts spécialisés s’impose donc plus qu’avant. Avec le grand élargissement de l’Union européenne en 2004, l’usage du français a fort reculé dans les institutions européennes au profit de l’anglais. A Bruxelles, l’Alliance s’adresse à un public très large, proche tant des institutions européennes que des milieux diplomatiques ou privés. Il est remarquable qu’en 2014 quelques 4500 étudiants y aient suivi des cours de français. C’est très positif pour la défense de notre langue française mais nous devons nous faire encore mieux connaître tant des fonctionnaires internationaux que de tous ces jeunes qui viennent travailler à Bruxelles parce qu’elle est la capitale de l’Europe et dont la langue véhiculaire est le plus souvent l’anglais, afin que la diversité culturelle qui est source d’enrichissement demeure.

publié le 26/05/2015

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