3 Questions 3 Réponses : Monique Toussaint

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- A quand remonte votre souvenir le plus ancien de lecture et d’amour des livres ?

Je pense que c’est La Comtesse de Ségur mais je ne sais plus si c’est le Général Dourakine ou Les Vacances. Ce devait être en 1940 et je les lisais dans la jolie Bibliothèque rose, perdue depuis hélas ! J’aime toujours la Comtesse de Ségur même si je ne la relis plus très souvent. Je l’ai en tout cas fait lire à mes enfants et l’un des deux, Jean-Philippe Toussaint, est devenu écrivain.

- Votre librairie Chapitre XII, n’est pas une librairie comme les autres. Pouvez-vous nous en raconter l’histoire ?

J’ai fondé Chapitre XII en 1979. Nous rentrions de Paris où mon mari était envoyé spécial permanent du journal Le Soir et moi pigiste au Soir Illustré. A ces titres, nous recevions beaucoup de services de presse et j’avais l’habitude de les disposer sur une table et de les offrir à mes amis. Cela m’a donné l’idée d’ouvrir une librairie où on vendrait les livres plutôt que de les offrir mais qui serait aussi comme un salon où à l’instar des Galeries Lafayette « il se passerait toujours quelque chose ». Depuis ses débuts, le Chapitre XII a reçu près de 1000 auteurs de livres (pas tous écrivains mais écrivant, comme aurait dit Roland Barthes) hommes ou femme politiques, comédiens et comédiennes, journalistes, historiens, etc. A l’occasion du 30ème anniversaire, j’ai été décorée dans les salons de l’Ambassade de France par Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel de l’Académie française qui m’a remis les insignes d’officier des Arts et des Lettres. Le murs de la librairie sont blasonnés des noms de tous ses hôtes prestigieux qui ne se sont pas contentés d’y signer leurs livres mais y ont mené une conversation érudite ou légère, mais toujours intelligente, avec leurs lecteurs.

- Quel est le livres que vous emporteriez sur une île déserte, pourquoi ?

Sans hésiter, La recherche du temps perdu, parce qu’on y trouve tout, de l’amour, du sexe, de la réflexion, tant sur l’art que l’art de la guerre, sur l’ethnologie des riches et des puissants ou la sociologie de la gent domestique. Et de l’humour, beaucoup de drôlerie dans la description des personnages, de leurs ridicules, de leurs fantasmes. Quoi de plus distrayant sur une île déserte que d’imaginer répondre vertement à Madame Verdurin ou de bavarder avec esprit avec Oriane de Guermantes.

publié le 28/04/2015

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