3 Questions 3 Réponses : Rémi Pauvros

Député de la 3ème circonscription du Nord. Rapporteur puis coordinateur du projet du Canal Seine Nord Europe.

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- Présentez-nous le projet Seine - Escaut

L’objectif du projet Seine Escaut est de relier, via la voie fluviale, deux grandes régions de l’Europe du Nord, le Bassin Seine/Oise et le Bassin Nord Pas-de-Calais/Benelux, permettant de constituer le réseau à grand gabarit Seine Escaut, un réseau au cœur de l’Europe. Il va ainsi permettre la circulation de péniches jusqu’à 4400 tonnes soit environ le chargement de 200 camions. Pour cela, il faut construire un Canal de 106 kilomètres de long, le Canal Seine Nord Europe, entre l’Oise et l’Escaut. Mais ce projet consister également à augmenter les caractéristiques de certains canaux, en France, Wallonie et Flandre. C’est ainsi un projet transfrontalier, un projet européen.
Mais ce projet est bien plus d’un projet d’infrastructure de transport. C’est un outil de compétitivité des ports et de nos territoires, synonyme de croissance, de développement durable et d’emplois. C’est un projet qui va permettre le développement économique durable. C’est d’abord pour cela, que ce projet a été reconnu par la Commission Européenne comme l’un des 5 grands projets du Mécanisme pour l’interconnexion en Europe. C’est aussi pour cela que la Commission Européenne a déclaré à Tallinn en octobre 2013 qu’elle était prête à financer jusqu’à 40% des travaux.

- Quelles seraient ses retombées environnementales et économiques, pour la France et la Belgique ?

Ces retombées sont multiples. Tout d’abord, pendant le chantier du Canal Seine Nord Europe ce sont 5000 emplois qui sont prévus. Ensuite, une fois que le Canal sera mis en service, le grand gabarit va renforcer la compétitivité du transport fluvial. Ceci permettra de désengorger en France et en Belgique nos routes des camions. Or le transport fluvial c’est 4 fois moins d’émission de CO2 que la route pour une même charge transportée.
Enfin, et l’exemple du Canal Albert, près de 80 ans après son inauguration est très démonstratif, un Canal, c’est la possibilité de développer en tout point des activités économiques en bord à canal : des industries, des plateformes multimodales… C’est là que seront les emplois. J’ai demandé de nouvelles études à ce sujet, elles confirment la possibilité de 50000 emplois liés au Canal à l’horizon 2050.

- A quand le 1er coup de pioche ?

Fin février, la France avec la Région Wallonne et la Région Flamande ont déposé comme prévu un dossier de demande de financement auprès de la Commission européenne. La réponse est attendue pour juin/juillet, d’ici-là des experts examineront notre demande dans ses moindres détails. Nous sommes confiants, puisque l’Europe avait déclaré pouvoir financer jusqu’à 40% du coût des travaux. Le début réel des travaux est ensuite prévu pour 2017 pour une ouverture en 2023, comme l’a demandé le Premier Ministre, Manuel Valls, le 26 septembre dernier à Arras.

publié le 30/03/2015

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