Bezoek van Staatssecretaris voor Fransen in het Buitenland Edouard Courtial

Naar aanleiding van een receptie op de Residentie van Frankrijk, op donderdag 22 maart, heeft Staatssecretaris voor Fransen in het Buitenland Edouard Courtial een bezoek gebracht aan de Franse gemeenschap in België.

Toespraak aan de Franse gemeenschap in België

Residentie van Frankrijk, Brussel

22 maart 2012

«Madame l’Ambassadeur,

Mesdames et Messieurs les élus à l’Assemblée des Français de l’étranger,

Mesdames, Messieurs, Mes Chers Compatriotes,

Ma visite à Bruxelles se situe dans un climat particulier. Car la Belgique et la France vivent, l’une et l’autre, simultanément, un drame national.

Les Peuples belges et français viennent d’être touchés au cœur.

La Belgique et la France pleurent leurs enfants tragiquement disparus. Fauchés « dans leur belle jeunesse, dans leur première fleur », comme dit le poète, ils nous manqueront. Leur pays vient de perdre de sa force vive. Nous assurons leurs familles de notre solidarité et de notre affection car leurs enfants sont aussi les nôtres.

Ayons une pensée pour tous nos compatriotes retenus en otage, pour tous ceux qui souffrent de la guerre, pour nos soldats tombés au champ d’honneur, là-bas, au loin, dans les montagnes d’Afghanistan. En communion avec leurs familles, nous ne les oublions pas.

Cet instant suprême de cohésion nationale est un moment exceptionnel de rassemblement et d’intense émotion. Nos différences s’estompent, pour montrer à tous que, face à l’adversité, la Nation sait resserrer ses rangs et faire bloc, d’abord, pour se recueillir et s’incliner devant la mémoire des disparus, ensuite, pour combattre avec détermination et sans merci, ceux qui s’attaquent aux valeurs de la République.

Dans ce contexte, tout ce que je pourrais vous dire peut apparaître dérisoire. Vous comprendrez que je me limite à l’essentiel.

Par un funeste raccourci du destin, la tragédie de Toulouse nous ramène aux deux principales préoccupations des Français de l’étranger : la sécurité et la scolarité.

En matière de sécurité, quel que soit notre degré de préparation, nous serons toujours vulnérables. Nous l’avons bien vu il y a quelques années avec la catastrophe ferroviaire de Hale-Buizingen ou l’explosion d’immeubles d’habitation à Liège. La sécurité, ce sont des plans, des dispositifs d’alerte et d’intervention, des conseils et des précautions, c’est aussi et surtout une culture. Respecter les consignes de sécurité ce n’est pas sacrifier à la psychose, c’est faire montre d’un sens aigu des responsabilités, aussi bien pour les locaux diplomatiques et consulaires que pour les établissements scolaires. Toute légèreté ou négligence en ce domaine pourrait être lourde de conséquences.

En matière de scolarité, l’Etat a consenti un effort d’autant plus considérable que les temps sont difficiles. Le montant des aides à la scolarité, bourses scolaires et prise en charge, dépasse 125 millions d’euros en 2012. Le montant des crédits alloués aux bourses scolaires n’a en rien été affecté par la prise en charge des frais de scolarité, bien au contraire : ils ont doublé depuis 2007 pour dépasser 90 millions d’euros.

A Bruxelles vous disposez d’un des plus beaux fleurons du réseau d’enseignement français à l’étranger avec le Lycée Jean-Monnet. Comme la plupart de nos établissements, il est victime de son succès. Son exceptionnelle attractivité due à une excellence cultivée par l’ensemble de la communauté éducative pose, ici comme ailleurs, la question des capacités d’accueil. Je sais que vous avez trouvé des solutions innovantes pour conjuguer les efforts des familles, de la Fondation de soutien du lycée et de l’Etat. J’espère que le lycée français international d’Anvers bénéficiera de la même dynamique. J’espère aussi que nos compatriotes installés dans le Hainaut pourront un jour fréquenter un établissement d’enseignement français sur le sol belge, sans avoir besoin de venir à Bruxelles.

Car la communauté française de Belgique s’accroît. Elle est même une de celles qui connaît la plus forte croissance. Le registre des Français établis hors de France de Bruxelles compte 110 350 inscrits au 12 mars dernier. Ils étaient à peine 80 000 à la même époque en 2007.

Les facteurs d’explication de cette augmentation sont connus :

- il y a la mise en œuvre opérationnelle du registre des Français établis hors de France en 2007 ;

- il y a tout le travail de proximité du consulat général ces dernières années ;

- il y a la modification du droit de séjour en Belgique des ressortissants des Etats membres de l’Union européenne ;

- il y a, dans une moindre mesure il est vrai, l’apport de tous ceux qui, depuis 2009, peuvent réintégrer la nationalité française.

Il ne faut donc pas voir dans cet essor une vague d’immigration sans précédent. Vous voyez bien ce que je veux dire : je ne veux ni sous estimer, ni exagérer l’installation à Bruxelles de Français qui viennent ici pour des raisons fiscales. Leur nombre est en rien comparable à celui de leurs compatriotes, l’immense, l’écrasante majorité, établis en Belgique pour d’autres motifs.

Qu’il faille modifier la convention fiscale franco-belge c’est probable. Non pas seulement dans un souci d’équité fiscale bien compréhensible, mais également, pour vérifier si des progrès ne pourraient pas être enregistrés en faveur des Français vivant en Belgique et des travailleurs frontaliers. Saisi par vos élus à l’Assemblée des Français de l’étranger, je suis intervenu auprès de Madame Valérie PECRESSE, Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’Etat, pour attirer son attention sur certains aspects de cette convention qui gagneraient à se rapprocher de la convention fiscale belgo-allemande.

Ces questions doivent être évoquées sans passion, avec calme et raison, car elles font partie de la vie, de la vie de tous les jours. Les hauts et les bas du quotidien, les associations d’entraide et de solidarité les connaissent bien pour intervenir sans relâche et avec dévouement pour venir en aide aux plus démunis.

Je l’ai déjà dit mais je le répète volontiers, les associations d’entraide et de solidarité font un travail remarquable malgré les problèmes avec lesquels elles sont aux prises :

des moyens, jamais suffisants ;

des bonnes volontés, jamais assez nombreuses ;

un statut juridique jamais totalement adapté ;

un cadre fiscal jamais assez incitatif.

Je sais qu’il n’est pas facile de rompre avec le passé. Mais il est aujourd’hui nécessaire d’adopter une stratégie, d’afficher des priorités et de travailler par projets. Seule, cette approche permet de cibler les aides et de les rendre plus efficaces. La rigueur des temps impose des choix car les aides de l’Etat sont comptées au plus juste. Il est vain d’espérer un retournement de tendance en cette matière.

Sans doute faudrait-il que les associations s’appliquent à elles-mêmes le principe de solidarité qui caractérise leur action, en tissant davantage de liens entre elles. J’étais à Londres il y a pas très longtemps et j’ai constaté que la structure de regroupement créée par les associations elles-mêmes était très utile. Il faudrait peut-être, Madame l’Ambassadeur, Monsieur le Consul général, s’en inspirer et mener une concertation à ce sujet.

Je sais qu’un mouvement fédéral a porté ses fruits dans le monde de la mémoire combattante. L’Union des Sociétés militaires françaises en Belgique en est l’illustration. Je saisis cette occasion pour la saluer et avec elle tous les anciens combattants, notamment ceux d’Algérie en ce cinquantenaire des Accords d’Evian.

Secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, je suis aussi celui des Français de l’étranger qui resteront à jamais à l’étranger, dans nos cimetières et nécropoles militaires. La Belgique est une terre de mémoire, où s’est manifestée en de multiples occasions la fraternité d’armes franco-belge. En 2014, nous commémorerons le centenaire de la Première Guerre mondiale que nous préparons activement. En Belgique, ce sera une année d’une densité exceptionnelle pour la célébration de notre histoire commune.

A cet égard, j’insiste, Madame l’Ambassadeur, Monsieur le Consul général, pour qu’on accorde l’importance qui convient aux manifestations de la mémoire combattante par une présence aussi appropriée et assidue que possible. Nous le devons à ceux qui reposent dans cette terre pour l’éternité.

Je ne voudrais pas quitter le domaine des associations sans saluer tous leurs Présidents et responsables ici présents, en particulier Mme Brigitte TOUT, Présidente de Français du Monde-Association démocratique des Français de l’étranger et Mme Catherine de VALLOIS, Présidente de l’Union des Français de l’étranger.

Je l’ai dit hier dans une communication au Conseil des ministres, l’organisation des prochaines élections est, à plus d’un titre, un véritable enjeu pour le ministère des affaires étrangères et européennes et le réseau consulaire. Mes remerciements que j’adresse au pôle « élections » du Consulat général de France à Bruxelles sont partagés par tous ceux qui, dans le réseau consulaire, travaillent sans relâche pour faire face à ces échéances dans les meilleures conditions. Bien peu mesurent l’ampleur d’une tâche entamée dès 2010. Je tenais à le souligner devant vous et devant toutes les personnes qui envisagent de présenter leur candidature à l’élection du député de la 4ème circonscription, que je vous remercie, Madame l’Ambassadeur, d’avoir bien voulu inviter.

Mes Chers compatriotes, je peux vous assurer que tout est mis en œuvre pour vous permettre d’exercer votre devoir civique. Le reste vous appartient. Mais je suis sûr que, comme tous les Français de l’étranger, vous aurez compris qu’en votant massivement vous ne participerez pas seulement à l’expression du suffrage universel, vous manifesterez votre ferme attachement et votre appartenance indéfectible à la Nation.

Vous ferez fort et clair entendre votre voix.

Vous confirmerez qu’avec les Français de Métropole et d’Outre-Mer, vous êtes des acteurs de notre démocratie.

Vous affirmerez, Mes Chers Compatriotes, que vous voulez que vive la République et que vive la France.

Mesdames, Messieurs, mais surtout Mesdames, un mot pour finir.

Il y a exactement 15 jours, c’était la journée de la Femme que j’ai célébrée à l’Assemblée des Français de l’étranger.

On ne m’en voudra pas si je prolonge cette journée qui, de mon point de vue, ne devrait pas se limiter à 24 heures, en insistant sur le remarquable travail de l’Accueil des Françaises à Bruxelles, association exemplaire, tant par son dynamisme que par la rigueur de sa gestion.

Je vous en félicite, Mesdames, et pour vous exprimer ma gratitude, je voudrais, toutes, vous associer à l’hommage particulier que je tiens, ce soir, à rendre à une de vos figures les plus marquantes.

J’appelle Madame Colette DOPCHIE à qui je voudrais témoigner mon estime et ma reconnaissance au nom de tous ses Compatriotes, pour toutes ces années consacrées au service des autres.»

Gepubliceerd op 23/03/2012

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