Cérémonie officielle du 14 juillet 2017 à Bruxelles

Cette année, le 14 juillet à Bruxelles s’est déroulé à Bozar en présence notamment de la Ministre belge du budget, Mme Sophie Wilmes. Retrouvez, ci-dessous, les discours de l’Ambassadeur de France, Mme Claude-France Arnould ainsi qu’un reportage photo.

Crédit Photo Emmanuel Manderlier


CEREMONIE OFFICIELLE 14 juillet 2017


Mesdames les Ministres,

Monsieur le Vice-Président,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Chers collègues Ambassadeurs, des institutions européennes et de l’OTAN,

Mesdames et Messieurs les officiers généraux,

Mesdames, Messieurs,

Au nom des quatre Ambassadeurs de la France à Bruxelles, en quelque sorte par délégation, je voudrais vous souhaiter chaleureusement la bienvenue pour ce 14 juillet. C’est un 14 juillet exceptionnel, à bien des égards, d’ombre et de lumière. Nous pensons à ceux qui, après la joie du feu d’artifice à Nice, il y a un an, ont été frappés par le terrorisme (le Président de la République leur rendra hommage ce soir) et à ceux qui donnent leur vie pour lutter contre ce terrorisme, également honorés ce matin. Mais c’est une fête nationale de lumière aussi : après beaucoup d’événements qui ont fait évoquer une crise européenne, des incertitudes mondiales, et des évolutions de nos démocraties, d’une gravité exceptionnelle, aujourd’hui des choix, des convictions, des volontés d’action européenne, d’ouverture et de solidarité l’emportent en France et ailleurs en Europe.

Et, ici, à Bruxelles, qui est tout à la fois capitale de la Belgique, capitale européenne, siège de l’alliance atlantique, nous célébrons, en ce 14 juillet, cette confiance et cette volonté. Nous le faisons à Bozar avec tout ce que symbolise ce lieu. Merci à Paul Dujardin, déjà en route pour une de ses missions qui font de BOZAR ce qu’il est. Merci à toutes les équipes de BOZAR d’avoir rendu possible la tenue de notre fête nationale dans ces lieux. Ce fut un bref échange il y a exactement un an, « vous devriez le faire à BOZAR l’an prochain » - me dit alors Paul Dujardin ; et ce fut fait, grâce à Paul Dujardin et à ses collègues. Je veux aussi saluer le travail de nos collègues de toutes nos représentations. Et permettez-moi aussi de dire que cette envie de se retrouver à BOZAR, pour ce moment si solennel pour la France qu’est le 14 juillet, vient certainement de cette intimité, de cette foi partagée de la Belgique et de la France en la culture, la culture ouverte que BOZAR représente, intimité à laquelle a oeuvré Béatrice Salmon, notre conseillère culturelle, dont je salue avec respect l’action, en cette occasion.

Bozar c’est une architecture exceptionnelle conçue dans les années 20 par Victor Horta comme une maison des arts dont la conception a été si juste qu’elle se révèle aujourd’hui encore le lieu idéal pour accueillir musique, cinéma, expositions, théâtre et danse. Lieu où, à toute heure, chaque jour, et chaque nuit se croisent des publics les plus variés pour découvrir des œuvres du patrimoine historique, le meilleur de l’art moderne, le plus audacieux de la création contemporaine. L’approche singulière de Bozar c’est d’être un lieu éminemment bruxellois qui s’intéresse à l’ailleurs. C’est un projet culturel européen, mais aussi de rencontre entre continents. Ce soir vous pourrez retrouver Yves Klein, le hip hop belge, les photographies de reporters de l’agence France Presse sur les migrants, écouter dans un instant l’orchestre national de Belgique dans un chassé-croisé de compositeurs belges et français, Ravel, Debussy, Joseph Jongen.

Bozar est un lieu qui doit beaucoup à l’esprit bruxellois et à Henri Le Bœuf dont cette magnifique salle porte le nom. Critique musical, il n’aurait sûrement pas boudé son plaisir en vous écoutant, cher Aurélien Pascal, exécuter avec brio cette suite pour violoncelle de Bach. Nous sommes heureux de vous avoir avec nous, Lauréat du concours Reine Elisabeth 2017 qui récompense chaque année des musiciens talentueux, cette année pour la première fois, le violoncelle.
Je souligne cette force culturelle représentée par BOZAR par reconnaissance certes, mais aussi pour une autre raison.

La culture est notre salut, y compris comme réponse au fanatisme, à l’exclusion, à la violence terroriste que nous affrontons.

Ce matin, le défilé militaire à Paris a été placé par le Président de la République sous le thème « opérationnels ensemble, pour une paix d’avance »

C’est le rappel que chaque jour nos soldats se battent sur différents fronts pour nous protéger, au Sahel, en Irak et en Syrie mais également sur notre territoire.

Le défilé a aussi illustré la solidarité européenne dans ces missions – solidarité très concrète – et notamment, Madame la Ministre, la solidarité entre la Belgique et la France, sur le terrain, aujourd’hui et aussi demain grâce à la coopération terrestre dans laquelle nous nous engageons de manière déterminée, ce qu’ont confirmé ici, il y a deux semaines, nos deux ministres de la défense ; le défilé a aussi illustré avec force l’amitié transatlantique, notamment l’alliance entre les Etats-Unis et l’Europe, germe de l’alliance atlantique avec une Europe désormais unie dans l’amitié et la paix, comme l’a encore illustré hier le conseil des ministres franco-allemand, comme l’illustre le rôle éminent de la Belgique en son cœur.

Madame la Ministre, permettez-moi de vous passer la parole en tant que représentante du gouvernement belge, avant que nous ne laissions la scène et la voix au quintette « 5 Beaufort » de l’orchestre national de Belgique. En vous remerciant de votre présence et de votre amitié, je vous souhaite à tous de passer ensemble une très heureuse célébration du 14 juillet.



DISCOURS POUR LES FRANCAIS


Monsieur le Député, Madame le Sénateur,

Mesdames et Messieurs les conseillers consulaires,

Mesdames et Messieurs les Consuls honoraires,

Mesdames et Messieurs,

Chers compatriotes,

Je souhaiterais d’abord commencer par des remerciements. Merci d’être venus à cette invitation à célébrer ensemble notre fête nationale. Merci à toutes celles et tous ceux qui ont rendu cette soirée possible. En premier lieu à nos sponsors fidèles ou nouveaux mais également aux équipes des ambassades françaises à Bruxelles qui se sont investies des mois durant pour concrétiser cette soirée. Merci à vous toutes et tous.
Depuis 1880, le 14 juillet est notre fête nationale. Notre attachement y est si fort que nous oublions que, pour ce vieux pays qui est le nôtre, cette date est relativement récente.

Ce jour marque notre attachement à nos valeurs et à nos idéaux : liberté, égalité, fraternité, inscrits dans nos textes fondateurs, mais préparés par des siècles de culture et de rayonnement. Et aussi, attachement à la France elle-même, notre pays, notre histoire, notre avenir.

Il y a une signification particulière à vous accueillir cette année dans ce lieu exceptionnel qu’est Bozar. Qu’il me soit permis ici de remercier Paul Dujardin et aussi de rendre hommage au travail remarquable réalisé par lui avec ses équipes pour faire de ce lieu ce qu’il est. Un haut lieu de culture européenne ; d’abord grâce à la mise en valeur aussi novatrice que respectueuse de l’architecture exceptionnelle conçue dans les années 20 par Victor Horta comme une « maison des arts ». Un siècle après, Bozar est bien la « maison des arts de Bruxelles », et je dirais de Bruxelles, capitale européenne, Bozar, maison ouverte à toutes les disciplines (musique, cinéma, expositions, théâtre et danse), ouverte à tous les publics, ouverte à toutes les cultures d’Europe bien sûr mais aussi des autres continents. S’y croisent le patrimoine historique, le meilleur de l’art moderne, le plus audacieux de la création contemporaine dont vous avez aujourd’hui, ce soir un bel exemple avec Yves Klein, le hip hop belge, l’exposition des photos de l’Agence France Presse (AFP) organisée avec le concours de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sur les migrants.

C’est aussi un haut lieu de musique. Dans un instant, nous entendrons le quintet de l’orchestre national de Belgique jouant des œuvres de compositeurs français et belges, illustration de notre intimité culturelle.
J’ai eu l’occasion ces dernières semaines, comme nombre d’entre vous, d’écouter ici nos finalistes du concours Reine Elisabeth violoncelle (l’un d’entre eux Aurélien Pascal est avec nous ce soir et a joué tout à l’heure). Sans aucune modestie, je dois avouer que l’édition 2017 du concours Reine Elisabeth fut un grand triomphe français, salué avec amitié par la Belgique.

Et il y a peu de temps, certains d’entre vous ont célébré le succès de vos enfants, élèves du lycée Jean Monnet, au bac, sur cette même scène. C’est à cette occasion que j’ai retrouvé le groupe musical du lycée que nous avions l’an passé tant aimé que nous leur avons demandé de revenir jouer pour nous ce soir. Merci, très chaleureusement à Gabriel, Barhelemy et Léonard
pour votre formidable performance. Et merci au lycée d’avoir permis ces retrouvailles musicales ce soir.

Je voudrais saluer notre nouveau député M. Pieyre-Alexandre Anglade, notre député jouant un rôle éminent dans la vie de notre communauté française, très nombreuse, très variée, très active et dynamique.

Ces derniers mois ont été intenses pour notre communauté. Notre citoyenneté a été très mobilisée, si j’ose m’exprimer ainsi. Je voudrais à ce propos rendre un hommage particulier à notre Consule Générale, Mme Marie-Christine Butel qui fête aujourd’hui son dernier 14 juillet à Bruxelles dans ses fonctions avant de rejoindre Paris. Madame la Consule Générale, chère Marie-Christine, vous avez œuvré jour après jour pour la communauté française, sans répit et avec succès, accompagnée d’une équipe que vous avez organisée, dirigée, animée brillamment. Nous vous remercions du fond du cœur pour votre investissement l’an passé dans des circonstances tragiques et aussi, pour l’épreuve réussie des derniers mois avec la tenue des élections présidentielles et législatives. Ce fut un défi, une tâche énorme. Merci, Marie-Christine, des appréciations positives que j’ai toujours reçues à ce sujet et qui – en fait – s’adressaient à vous et à l’ensemble du consulat. Merci aussi à tous ceux d’entre vous qui ont apporté leur aide précieuse dans les bureaux de vote.

Je voudrais remercier bien sûr nos conseillers consulaires – et adresser aussi un message de reconnaissance personnelle à nos consuls honoraires – Ceux qui ne sont pas là ce soir participent à d’autres célébrations du 14 juillet au Nord et au Sud de la Belgique. Par attachement à la France, de manière totalement bénévole, ils ont tous participé à l’organisation des élections, ils veillent avec nous sur votre sécurité, prennent en charge les situations douloureuses. Ils défendent nos intérêts économiques, renforcent notre rayonnement culturel, et nous aident à décrypter la Belgique et sa vie politique.

Nous avons le bonheur – que nous avons d’ailleurs choisi, - de vivre dans un pays proche à tous égards, ami, beau et plein de richesses de tous ordres. Et au centre de l’Europe : Siège de l’Union Européenne (UE), coeur de l’Union Européenne (UE), dont elle est un pays fondateur. Belgique avec laquelle nous nous retrouvons pleinement côte à côte dans ce désir et cette volonté d’une Europe encore plus forte, plus efficace, plus proche.

Avant de clore ces quelques mots, je voudrais avoir une pensée pour ceux qui s’engagent pour nous au risque de leur vie- que le Président de la République a honorés ce matin, pour les victimes de ce même 14 juillet auquel il rend hommage ce soir à Nice. Je conclurai sur une tonalité d’espoir, de confiance en notre pays, en l’Europe et en notre rôle dans le monde, espoir et confiance que l’on sent aujourd’hui dominer si puissamment – Merci d’être ici. Je vous souhaite une très heureuse fête nationale et je vous propose avant d’écouter l’orchestre national de Belgique jouer des pièces belges et françaises : André Souris et Jacques Ibert, de nous laisser guider par lui pour notre hymne.


publié le 18/07/2017

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