La bataille et les Forts de Liège en 1914

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C’est à Thimister, près de Battice, au cours d’un des affrontements préliminaires à la bataille pour la prise de Liège que fut tué le premier soldat belge, le cavalier Fonck. Une ancienne caserne à Liège perpétue son nom. Le 5 août, l’infanterie ennemie attaque le fort de Barchon en rangs serrés. Les canons et les fusils du fort font d’énormes brèches dans les rangs ennemis. L’assaut est repoussé, mais l’envahisseur ne commettra plus la même erreur. C’est son artillerie qui se chargera d’anéantir les forts.

A la surprise des Allemands, l’armée belge se défend avec acharnement et parvient même à repousser l’ennemi en plusieurs endroits (Visé, Herstal, Rabosée, Sart-Tilman...) où cinq des six brigades d’assaut se replient. De ce fait, la violence de l’agression s’accroît et les troupes germaniques incendient plusieurs villages. La ville de Visé est carrément dévastée. Les Allemands entreprennent alors de contourner la ligne des forts de la rive droite par le Nord en franchissant la Meuse à Lixhe, pas loin de la frontière hollandaise. Le 7 août, des brigades allemandes parviennent à s’infiltrer et à créer une percée dans la ceinture des forts liégeois, entre Fléron et Evegnée, malgré une défense tenace des soldats belges.

Parvenus à Jupille, les soldats allemands prennent sans coup férir l’ancien fort de la Chartreuse. Sur le plateau de Belleflamme, ils installent des canons et Liège subit alors son premier bombardement. Le Quartier Général de la Position, installé rue Sainte-Foy, est attaqué par l’ennemi, qui est repoussé, et le lieutenant général Leman replie son Etat-major vers le fort de Loncin. Suite à cette attaque, un mouvement de panique se répand et provoque l’abandon du bureau central des P.T.T. par où passent toutes les communications de la Position Fortifiée.

Dès ce moment, la situation bascule, car la Position Fortifée de Liège, déjà dépassée sur le plan technique, aura à souffrir en plus d’une attaque à revers : on n’avait pas prévu que l’ennemi puisse « tirer dans leur dos » depuis le centre de la ville. Aussi, sous le déluge de l’artillerie allemande, les forts tomberont l’un après l’autre.

En effet, butant plus longtemps que prévu sur cette Position fortifiée, l’ennemi avait acheminé une artillerie de siège inconnue à ce jour : la batterie n°3 du Hauptmann Erdmann, composée de deux canons de 420 mm, avait été installée dans le village de Mortier et, le 13 août, avait ouvert le feu sur le fort de Pontisse. Conçu, comme les autres forts, pour résister au calibre de 210 mm, Pontisse, déjà ébranlé par les nombreux bombardements, ne pouvait tenir longtemps sous ces énormes obus et ne tarda pas à hisser le drapeau blanc.

Le 15 août, ce fut le tour de Loncin - susceptible de verrouiller la route et le chemin de fer en direction de Bruxelles - de subir le bombardement de ces canons monstrueux. Les deux canons de 420 mm avaient été amenés au champ de manoeuvre de Bressoux et commencèrent leurs tirs destructeurs. Vers 17h20, ce 15 août, les observateurs ennemis virent s’élever une immense flamme au-dessus de Loncin : le fort venait d’exploser, ensevelissant une partie de la garnison sous d’immenses blocs de béton. Le général Leman lui-même, devait être retiré blessé des décombres. Le lendemain, les deux derniers forts qui tenaient encore, Flémalle et Hollogne, capitulèrent. La bataille de Liège fut terminée, mais, comme on le sait, la guerre, en s’enlisant sur l’Yser et sur la Marne, allait encore durer quatre longues années, jusqu’à la victoire des alliés contre l’envahisseur.

Liège fut la première ville, hors de France, à se voir décerner la Légion d’honneur française, en reconnaissance d’une ardeur au combat qui permit une meilleure organisation de la défense française au-delà de la Wallonie.

- Les informations détaillées sur ces forts et sur l’histoire de 14-18, ainsi que sur l’ensemble des forts et lieux de mémoire en Province de Liège, Seconde Guerre mondiale incluse, peuvent être consultées dans la brochure « Tourisme et Mémoire en Province de Liège », éditée par la Fédération du Tourisme de la Province de Liège

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Les douze forts constituant en 1914 la ceinture fortifiée située autour de Liège étaient dirigés par le Général Leman. Leur résistance héroïque lors de la bataille de Liège constitue l’un des faits d’armes essentiels du début du conflit. La plupart de ces forts existent encore de nos jours et certains sont accessibles aux visiteurs et aux touristes.

- Consultez aussi les sites internet des Forts :

www.fortbarchon.be

www.latourdairboncelles.be

www.fortadventure.be

www.fortdembourg.be

http://fortdeflemalle.wix.com/fortdeflemalle

www.fortdehollogneliege.be

www.fortdelantin.be

www.fortdeloncin.be

www.fortdepontisse.net

publié le 30/07/2014

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