Quand la "capitale" belge s’exilait en Normandie en 14-18

A Sainte-Adresse, une station balnéaire normande située tout près du Havre, on hisse toujours bien haut les couleurs de la Belgique, le 21 juillet, jour de la Fête nationale, depuis qu’elle a fait office de capitale du royaume pendant la quasi-totalité de la guerre de 1914-18.

La commémoration du Centenaire de la Grande guerre fait sortir des archives cet épisode historique singulier. Cette année, le port français et sa station balnéaire ont exhumé et agrandi les photos d’époque pour en faire une grande exposition le long de la plage. Et de grands panneaux urbains racontent la présence belge d’il y a un siècle. Si la fête nationale belge en donne un avant-goût lundi, la mise à l’honneur de la Belgique sur les hauteurs du Havre sera maximale le 4 octobre avec la venue du roi Philippe et d’une délégation ministérielle.
Le repli du gouvernement belge en Normandie était la conséquence de la foudre guerrière qui s’est abattue dès le 4 août 1914 sur le petit royaume, après son refus de laisser passer les troupes allemandes qui fonçaient vers la France. En effet, sous l’impulsion d’Albert 1er, surnommé "le roi chevalier", l’armée belge offre une résistance farouche et inattendue aux troupes d’Helmuth von Moltke, notamment à Liège et Anvers, retardant ainsi leur arrivée sur le sol français. De plus, l’opinion internationale est choquée par les massacres subis par la population civile belge.
Quand la Belgique cède devant l’occupant, ne parvenant à conserver qu’une frange de son territoire à l’ouest, en deçà de l’Yser-ligne de front qu’elle tiendra toute la guerre avec l’aide des troupes franco-britanniques - la France accepte de bonne grâce d’accueillir le gouvernement belge sur son sol.

publié le 03/06/2015

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