Tribune conjointe des ambassadeurs de France et d’Allemagne [nl]

JPEG Dans le cadre du 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée et les manifestations organisées conjointement entre les ambassades de France et d’Allemagne en Belgique, les ambassadeurs Eckart Cuntz et Bernard Valero, accompagnés de leurs principaux collaborateurs de la chancellerie et des services se sont réunis, lundi 21 janvier, dans un premier temps à l’ambassade d’Allemagne à Bruxelles pour discuter des axes de coopération régulières possibles entre nos deux ambassades et consulats, dans tous les domaines de compétences. Cette réunion de travail, très conviviale, s’est poursuivie par un déjeuner offert à la Résidence de France, en compagnie de l’ambassadeur d’Allemagne et ses collaborateurs qui ont retrouvés leurs homologues français.

Parmi les initiatives annoncées, la publication d’une tribune conjointe des deux ambassadeurs pour célébrer l’amitié franco-allemande et son renforcement. Vous pouvez lire cette tribune ci-dessous.

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TRIBUNE DES AMBASSADEURS D’ALLEMAGNE ET DE FRANCE

AUPRÈS DU ROYAUME DE BELGIQUE

A L’OCCASION DU CINQUANTIÈME ANNIVERSAIRE DU TRAITÉ DE L’ÉLYSÉE

(22 JANVIER 1963)

Ce 22 janvier 2013 les deux gouvernements français et allemand ainsi que les parlements français et allemand se réunissent à Berlin pour commémorer le cinquantenaire du Traité de l’Élysée. Ce traité, c’était la volonté de deux hommes, qui avaient connu, l’un et l’autre, la guerre et l’avaient faite et qui voulaient établir la paix, la paix non pas pour leur génération, la paix pour toujours entre nos deux Nations. Ces deux hommes s’appelaient Konrad ADENAUER et Charles de GAULLE.

Ils signèrent ce Traité de l’Élysée qui consacrait bien plus qu’une réconciliation, mais l’amitié entre la France et l’Allemagne. Il fallait de la lucidité, pour ne pas réduire la longue marche de nos deux Nations à plus de trois quarts de siècle de guerres, et regarder ce qu’elles avaient déjà construit ensemble. Il fallait de l’audace, pour imaginer un avenir commun, après tant de douleurs, de ressentiment, et d’esprit de revanche. Il fallait de la grandeur, pour comprendre que l’amitié franco-allemande permettait de donner du sens à un grand projet commun : la construction de l’Europe.

De la guerre, ces deux hommes étaient sortis avec des certitudes : ils voulaient qu’après la guerre, il y ait la paix, la paix durable. Mais ils voulaient faire ce geste si symbolique dignement, souverainement, librement, sans autre obligation que de servir leur pays. Ils l’ont fait moins de 20 ans après avoir traversé eux-mêmes, et avec quelle droiture, la plus grande tragédie de l’histoire humaine, celle de la Seconde Guerre mondiale. Konrad ADENAUER avait été démis de toutes ses fonctions à l’arrivée au pouvoir d’HITLER ; il fut emprisonné par les nazis, et il fut l’un de ceux qui, au long de ces années noires, veilla sur la conscience de l’Allemagne. De la guerre, il était sorti armé d’une grande phrase : « l’histoire est le total des choses qui auraient pu ne pas être faites ». Il pensait à la guerre, à la haine, au racisme, à l’antisémitisme, mais il pensait aussi à ce que l’histoire pouvait produire : la paix, la concorde, la fraternité, l’humanité en marche.

A ses côtés se tenait la haute silhouette de Charles de GAULLE. Celui-ci pouvait proclamer l’état de paix, puisqu’il avait décidé, lui, en 1940, de faire la guerre, quand tant d’autres s’y dérobaient. Il avait su défendre, illustrer, incarner l’honneur de la patrie. Ces deux hommes, avaient décidé ensemble de faire avancer l’histoire et engager l’avenir. Charles de GAULLE déclarait, lors de la signature du Traité de l’Élysée : « nous ne tournons pas une page, nous ouvrons une porte ». Et qui aurait pu songer, en 1963, à cette époque, que leurs successeurs, chanceliers d’Allemagne, Présidents de la République, seraient capables, ensemble, d’aller aussi loin, d’aller aussi vite : le Marché Unique, l’élargissement de l’Europe, la réunification de l’Allemagne, la création de l’euro. A chaque fois, à chaque étape franchie, à chaque obstacle levé, l’amitié franco-allemande en fut le socle.

La promesse de ses fondateurs Konrad ADENAUER et Charles de GAULLE reste intacte. Que nous ont-ils dit ? Etre plus fort ensemble que séparément ; être capables de concilier le marché avec le progrès ; de dominer les technologies ; de créer des emplois ; de promouvoir aussi la démocratie partout dans le monde ; de porter un projet culturel, de faire de la jeunesse la grande cause de la construction européenne.

Nos deux pays sont parmi les fondateurs de cette Europe, dont l’existence même est une extraordinaire victoire sur la force, la volonté sur la fatalité, l’union sur les nationalismes. La Belgique est d’ailleurs l’un des principaux pays fondateurs de l’UE. Elle partage des frontières avec nos deux pays et a toujours joué un rôle central au sein de l’UE avec des personnalités allant de Paul-Henri Spaak jusqu’à Herman Van Rompuy. Aujourd’hui, l’enjeu pour l’Europe ce n’est plus la reconstruction, c’est la transition : la transition pour passer d’un monde à un autre, d’une société à une autre, d’une époque à une autre ; transition industrielle, transition écologique, transition énergétique, voilà ce que nous avons à préparer ensemble.

Pour y parvenir nous avons des atouts : une jeunesse en partage, une économie en partage, une monnaie en partage, une culture du travail en commun en partage.

Ces atouts, nous entendons continuer plus que jamais de les mettre au service de l’Europe, au service de nos valeurs communes et au service de la paix et du développement dans le monde. Et c’est ensemble que nous écrirons les nouvelles pages de cette histoire qui a commencé il y a 50 ans, pour aller plus loin avec tous ceux qui voudront se joindre à nous.

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M. Bernard Valero
Ambassadeur de France en Belgique
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Dr Eckart Cuntz
Ambassadeur d’Allemagne en Belgique

publié le 02/06/2015

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